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La Grande-Bretagne se rapproche de ses premières autorisations de CBD alimentaire. Mais l'accord avec l'UE pourrait rebattre les cartes dès 2027

Auteur de l'article
Publié le
23/09/026
Par
Amélie - Testeuse de CBD

Le Royaume-Uni se rapproche de sa première autorisation des aliments au CBD, mais l’Europe pourrait rebattre les cartes

En septembre 2026, la FSA a recommandé aux ministres britanniques d’autoriser trois dossiers concernant du cannabidiol. Si cette recommandation reçoit le feu vert politique, il s’agirait des premières autorisations de nouveaux aliments à base de CBD en Grande-Bretagne.

Mais cette avancée arrive à un moment particulier. Le Royaume-Uni et l’Union européenne travaillent parallèlement à un rapprochement de certaines de leurs règles sanitaires et alimentaires.

Le Royaume-Uni pourrait donc autoriser ses premiers aliments au CBD avant de devoir adapter de nouveau son cadre réglementaire aux règles européennes.

La FSA recommande trois premières autorisations de CBD

La Food Standards Agency (FSA) a franchi une étape majeure pour le secteur britannique du CBD.

L’agence recommande l’autorisation de trois demandes de nouveaux aliments : RP 7, RP 350 et RP 427.

Le premier dossier concerne du CBD synthétique, tandis que les deux autres portent sur des isolats de cannabidiol. Dans les trois cas, les ingrédients présentent une pureté d’au moins 98 % de CBD.

Ces demandes ont fait l’objet d’évaluations scientifiques avant que la FSA et Food Standards Scotland ne rendent des avis favorables concernant leur sécurité dans les conditions prévues.

Une précision reste néanmoins essentielle : ces ingrédients ne sont pas encore définitivement autorisés.

La FSA recommande leur autorisation, mais la décision finale appartient aux ministres compétents.

Si le feu vert est donné, il s’agira d’une étape historique pour le marché britannique du CBD alimentaire.

Pourquoi parle-t-on de Novel Food pour le CBD ?

Pour comprendre l’importance de cette décision, il faut s’intéresser au statut particulier du cannabidiol lorsqu’il est destiné à être consommé.

Les extraits et isolats de CBD utilisés comme ingrédients alimentaires sont concernés par le régime des Novel Foods, ou nouveaux aliments.

Avant d’être autorisé, un nouvel ingrédient doit faire l’objet d’une évaluation de sécurité.

Les autorités examinent notamment sa composition, son procédé de fabrication, sa pureté, les contaminants éventuels, les quantités consommées et les données toxicologiques disponibles.

Ce processus explique pourquoi la réglementation avance beaucoup plus lentement que le développement commercial du marché.

Pour mieux comprendre les changements actuellement en cours, vous pouvez consulter notre dossier consacré à la nouvelle réglementation du CBD alimentaire en 2026.

Environ 3 000 produits pourraient être concernés

Les trois dossiers étudiés ne représentent pas seulement trois produits commercialisés.

La FSA utilise actuellement une CBD Public List, qui permet notamment d’identifier certains produits liés à des demandes Novel Food et présents sur le marché britannique dans le cadre d'un dispositif transitoire.

Selon l’Agence britannique des normes alimentaires, environ 3 000 produits individuels figurant sur cette liste sont liés aux trois dossiers recommandés pour autorisation.

L’enjeu économique est donc important.

Une autorisation permettrait au Royaume-Uni de commencer à sortir d’une longue période transitoire pour aller vers un marché dans lequel les ingrédients autorisés et leurs conditions d’utilisation sont beaucoup plus clairement définis.

Pour les entreprises, cela implique davantage de contrôle, de traçabilité et de conformité.

Cette évolution pourrait également accélérer la concentration du secteur autour des acteurs capables de supporter les coûts liés aux nouvelles exigences. Une tendance que nous avions déjà analysée dans notre article sur la consolidation du marché du CBD.

Une limite de 10 mg de CBD par jour au Royaume-Uni

L’un des points importants des dossiers britanniques concerne les quantités consommées.

Les trois demandes évaluées concernent des produits destinés aux adultes avec une consommation maximale prévue de 10 mg de CBD par jour.

La FSA recommande que cette quantité soit clairement indiquée sur les produits concernés.

Plusieurs avertissements doivent également accompagner leur commercialisation.

La consommation n’est notamment pas recommandée aux moins de 18 ans, aux femmes enceintes ou allaitantes, aux personnes essayant de concevoir un enfant, aux personnes prenant certains médicaments et aux personnes immunodéprimées.

Les ingrédients autorisés devraient également respecter des critères précis concernant leur composition et la présence de certains cannabinoïdes contrôlés.

L’autorisation de ces dossiers ne signifie donc pas que tous les produits au CBD pourront être commercialisés librement.

Au contraire, le Royaume-Uni cherche à mettre en place un cadre beaucoup plus précis autour du CBD alimentaire.

L’Europe adopte une approche beaucoup plus prudente

La comparaison avec l’Union européenne permet de comprendre pourquoi les futures autorisations britanniques pourraient rapidement devenir un sujet sensible.

En février 2026, l’Autorité européenne de sécurité des aliments (EFSA) a fixé un niveau provisoire de sécurité de 0,0275 mg de CBD par kilogramme de poids corporel et par jour.

Pour un adulte pesant 70 kg, cela représente environ 2 mg de CBD par jour.

Cette valeur ne constitue toutefois pas une recommandation générale de consommation.

Elle concerne certaines formulations et des conditions d’évaluation précises. L’EFSA souligne également que plusieurs incertitudes scientifiques subsistent concernant les effets d’une exposition au cannabidiol.

L’autorité européenne mentionne notamment des questions concernant le foie ainsi que les systèmes nerveux, endocrinien et reproducteur.

Pour comprendre les conséquences de cette décision, découvrez pourquoi l’EFSA fixe un seuil provisoire d’environ 2 mg de CBD par jour.

10 mg au Royaume-Uni contre environ 2 mg en Europe

La différence entre les deux approches est particulièrement frappante.

Au Royaume-Uni, les dossiers évalués par la FSA prévoient une consommation maximale de 10 mg de CBD par jour pour les adultes.

Du côté européen, le niveau provisoire établi par l’EFSA correspond à environ 2 mg par jour pour un adulte de 70 kg, dans le cadre précis de son évaluation.

Il serait cependant trompeur de présenter ces deux chiffres comme deux recommandations directement interchangeables.

Les méthodes d’évaluation, les hypothèses retenues et le contexte réglementaire doivent être pris en compte.

Ils montrent néanmoins une réalité : les autorités britanniques et européennes n’avancent actuellement pas au même rythme ni avec exactement la même approche concernant le CBD alimentaire.

Pourquoi les futures règles européennes pourraient tout changer

Depuis le Brexit, la Grande-Bretagne possède son propre système d’autorisation des nouveaux aliments.

Cette indépendance permet notamment à la FSA d'évaluer et de recommander l’autorisation de certains ingrédients sans attendre une décision de l’Union européenne.

Mais Londres et Bruxelles travaillent actuellement sur un nouvel accord sanitaire et phytosanitaire, également appelé accord SPS.

L’un des objectifs est de réduire certaines barrières commerciales entre le Royaume-Uni et l’Union européenne.

Ce rapprochement pourrait conduire la Grande-Bretagne à s’aligner dynamiquement sur une partie de la réglementation alimentaire européenne.

Le régime des Novel Foods est notamment concerné.

Selon les informations communiquées par la FSA, une autorisation européenne pourrait alors devenir nécessaire pour commercialiser de nouveaux aliments en Grande-Bretagne, sauf exceptions éventuellement négociées.

Les autorisations britanniques pourraient-elles devenir temporaires ?

C’est tout le paradoxe de cette actualité.

Le Royaume-Uni pourrait prochainement délivrer ses premières autorisations de nouveaux aliments contenant du CBD après plusieurs années de procédures.

Mais le futur rapprochement avec l’Union européenne pourrait ensuite modifier les règles.

Certaines autorisations nationales pourraient ainsi perdre leur effet lors du passage au nouveau système.

Cela ne signifie pas que les produits seront automatiquement interdits.

Le calendrier de mise en œuvre de l’accord, son contenu définitif et les éventuelles exceptions négociées entre Londres et Bruxelles seront déterminants.

Mais cette possibilité représente déjà une nouvelle incertitude pour les fabricants.

Un défi pour les professionnels du CBD

Pour une entreprise, obtenir une autorisation Novel Food représente un investissement considérable.

Il faut notamment documenter la fabrication, fournir des analyses, présenter des données de sécurité et répondre aux exigences des autorités.

Les entreprises ayant investi dans le processus britannique pourraient donc être amenées à s’adapter ensuite au système européen.

Cette évolution pourrait renforcer la professionnalisation du marché.

Les acteurs disposant de produits bien documentés, d’une traçabilité solide et de ressources suffisantes seront probablement mieux placés pour répondre à des exigences réglementaires croissantes.

Pour les consommateurs, un encadrement plus strict peut également permettre une meilleure transparence sur la composition et les conditions d’utilisation des produits.

Tous les produits au CBD ne sont pas concernés

Il est enfin important de ne pas confondre CBD alimentaire et marché du CBD dans son ensemble.

Les discussions actuelles concernent principalement le cannabidiol utilisé comme nouvel ingrédient alimentaire.

Tous les produits contenant du CBD ne sont pas nécessairement soumis aux mêmes règles.

Le cadre applicable dépend notamment de la catégorie du produit, de sa composition, de son utilisation et du pays dans lequel il est commercialisé.

Un produit cosmétique contenant du CBD, par exemple, ne relève pas nécessairement du même régime qu’un complément alimentaire.

L’évolution du système Novel Food ne doit donc pas être interprétée comme une autorisation ou une interdiction générale de tous les produits au CBD.

2026, une année charnière pour le CBD alimentaire

La recommandation de la Food Standards Agency constitue une étape importante pour le CBD alimentaire au Royaume-Uni.

Pour la première fois, trois dossiers concernant du CBD de haute pureté se rapprochent d’une autorisation complète.

Mais cette avancée intervient précisément au moment où Londres envisage de rapprocher une partie de sa réglementation alimentaire de celle de l’Union européenne.

Le Royaume-Uni pourrait ainsi ouvrir une porte historique au CBD alimentaire avant de devoir adapter une nouvelle fois son cadre réglementaire.

Pendant ce temps, l’EFSA maintient une approche prudente et souligne que plusieurs incertitudes scientifiques doivent encore être levées.

Pour l’industrie, le message est clair : le marché du CBD alimentaire entre dans une nouvelle phase, davantage encadrée par la science, la traçabilité et les exigences réglementaires.

Les prochains mois seront donc particulièrement importants pour savoir si les premières autorisations britanniques marquent le début d’un nouveau marché… ou seulement une étape de transition avant un rapprochement avec les règles européennes.

Profil de l'auteur de l'article
Amélie - Testeuse de CBD

Amélie est responsable des tests produits et des marques chez Planposey, le premier média indépendant 100% dédié au CBD. Sa mission est simple : éduquez et rendre mainstream la consommation de produits à base de CBD. Amélie est là pour vous aider à prendre les meilleures décisions dans votre achat.

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