Du 6 au 8 novembre 2026, Prague accueille la 16e édition de Cannafest, l'un des grands salons européens consacrés au cannabis, au CBD et au chanvre. Près de 24 000 visiteurs avaient fait le déplacement en 2025. Cette année, le rendez-vous intervient dans un contexte particulier : depuis le 1er janvier, la République tchèque autorise, sous conditions, la culture personnelle et la possession de cannabis pour les adultes de plus de 21 ans. Entre cette réforme, les évolutions réglementaires européennes et les enjeux du cannabis médical, Prague devient pendant trois jours un terrain d'observation privilégié pour la filière.
En bref
- Dates : du vendredi 6 au dimanche 8 novembre 2026
- Lieu : PVA Expo Praha Letňany, Prague, République tchèque
- Horaires : vendredi et samedi 11h-20h, dimanche 11h-18h
- Tarifs : 250 CZK la journée, 400 CZK les trois jours en prévente jusqu'au 5 novembre ; 300 CZK et 450 CZK sur place
- Édition 2025 : 247 exposants, cinq halls, plus de 14 000 m² et près de 24 000 visiteurs
- Conférences 2026 : 16 interventions, 18 conférenciers annoncés et sept pays représentés
- À retenir : première édition depuis l'entrée en vigueur de la nouvelle législation tchèque sur la possession et la culture personnelles de cannabis
Infos et billetterie : cannafest.com — Billetterie officielle
Le vrai sujet de Cannafest 2026 : ce qui a changé en Tchéquie depuis janvier
C'est probablement le principal élément qui distingue cette édition des précédentes. Et il ne concerne ni les exposants ni la surface du salon.
Depuis le 1er janvier 2026, la République tchèque a assoupli sa législation sur le cannabis. Les personnes de plus de 21 ans peuvent désormais cultiver jusqu'à trois plants pour leur consommation personnelle et détenir jusqu'à 100 grammes à leur domicile ou 25 grammes à l'extérieur, dans les conditions prévues par la loi.
Cette réforme marque une évolution importante pour un pays historiquement associé à une politique relativement tolérante en matière de cannabis.
Mais une précision s'impose : l'autorisation de posséder ou de cultiver du cannabis pour soi-même ne constitue pas une légalisation générale de sa commercialisation. La vente récréative ne bénéficie pas d'un marché commercial libre et réglementé comparable à celui de certains États américains.
Cette distinction est essentielle. La Tchéquie reconnaît désormais certains usages personnels tout en maintenant des restrictions importantes sur la distribution.
Pour Cannafest, le contexte change nécessairement la nature des discussions. Les professionnels ne viennent plus uniquement débattre d'une éventuelle réforme : ils peuvent désormais observer les premières conséquences d'une législation entrée en vigueur dix mois auparavant.
247 exposants et 24 000 visiteurs : ce que représentent réellement les chiffres
Cannafest s'est progressivement imposé parmi les rendez-vous internationaux majeurs de la filière.
En 2025, l'organisateur a accueilli 247 exposants répartis dans cinq halls, sur une surface supérieure à 14 000 m². Près de 24 000 visiteurs ont participé à l'événement, dont 3 000 professionnels et experts venus de 50 pays.
Autre donnée révélatrice : 80 % des exposants provenaient de l'étranger.
Ce dernier chiffre explique en grande partie l'intérêt de Prague. Cannafest ne se limite pas à réunir des entreprises tchèques devant leur clientèle nationale. Le salon fonctionne comme un carrefour commercial où se croisent fabricants, distributeurs, cultivateurs, équipementiers et représentants d'organisations internationales.
Précision utile : ces données correspondent à l'édition 2025, et non aux résultats de 2026, encore inconnus à quelques jours de l'ouverture.
Pour une entreprise française du CBD, l'intérêt tient à cette diversité. Elle permet d'observer plusieurs marchés au même endroit, sans multiplier les déplacements commerciaux dans différents pays européens.
CBD, culture, vaporisation : un salon qui couvre toute la filière
Contrairement aux salons exclusivement professionnels consacrés à la distribution, Cannafest conserve un format ouvert à un public plus large.
On y retrouve aussi bien des fabricants d'équipements horticoles que des marques de cosmétiques au chanvre, des producteurs de semences, des spécialistes de la vaporisation ou des entreprises travaillant autour des usages médicaux du cannabis.
La culture représente historiquement une partie importante de l'exposition : éclairage, systèmes de ventilation, substrats, fertilisants et technologies de contrôle environnemental.
Le chanvre industriel dispose également de débouchés dans le textile, l'alimentation et les cosmétiques, avec des contraintes réglementaires propres à chaque catégorie.
Pour les marques CBD, cette diversité donne une lecture intéressante du marché. Les mêmes visiteurs peuvent découvrir des matières premières, comparer des équipements, rencontrer des fournisseurs d'accessoires et échanger avec des acteurs spécialisés dans les cannabinoïdes.
Tous ces produits ne relèvent pourtant pas du même cadre juridique. Un produit présenté au salon n'est pas nécessairement autorisé à la vente en France, particulièrement lorsqu'il s'agit de substances psychoactives, de denrées contenant des cannabinoïdes ou de produits soumis à des réglementations spécifiques.
C'est aussi l'une des limites du commerce international du cannabis : l'offre circule plus facilement dans les salons que dans les cadres légaux nationaux.
Le programme 2026 : la réglementation et le cannabis médical en première ligne
La programmation des conférences confirme que Cannafest ne se résume pas à une exposition de produits.
Pour cette édition, l'organisateur annonce 16 interventions réunissant 18 conférenciers de sept pays. Les conférences sont accessibles sans supplément aux visiteurs disposant d'un billet valide.
Dès le vendredi 6 novembre, Paul MacLean, représentant d'EURECA, doit intervenir sur la construction d'un cadre européen coordonné pour les réformes du cannabis.
Le même jour, le chercheur espagnol Guillermo Velasco, de l'Université Complutense de Madrid, présentera les travaux scientifiques sur les cannabinoïdes et leurs applications potentielles en oncologie. Il s'agit notamment de recherches précliniques, qui ne doivent pas être confondues avec une efficacité thérapeutique démontrée chez les patients.
Autre intervention à suivre : celle du Français Sébastien Béguerie, de Cannabis Embassy, consacrée aux difficultés d'accès au cannabis médical en Europe et aux perspectives internationales d'ici 2030.
Le samedi, les discussions aborderont notamment les avancées scientifiques en matière de culture, les exigences de production pharmaceutique et les applications médicales des cannabinoïdes.
Le dimanche 8 novembre concentrera plusieurs débats plus directement politiques, dont une table ronde sur la nouvelle réglementation tchèque des substances psychotropes et psychomodulatrices.
Une programmation qui reflète bien les tensions actuelles du secteur : d'un côté, une industrie qui développe de nouveaux produits ; de l'autre, des États qui cherchent encore à déterminer les conditions de leur commercialisation.
République tchèque, Allemagne, France : trois trajectoires européennes
Le contexte européen donne une portée supplémentaire aux débats organisés à Prague.
En Allemagne, la réforme entrée en vigueur en avril 2024 a autorisé certains usages personnels du cannabis et mis en place un dispositif d'associations de culture soumises à autorisation.
La République tchèque a choisi une autre voie en 2026, centrée sur la possession et la culture personnelles, sans ouvrir de marché commercial récréatif général.
En France, la situation reste différente. Le cannabis récréatif demeure interdit, tandis que le marché du CBD fonctionne dans un cadre spécifique, traversé par des incertitudes réglementaires et fiscales.
Les débats autour de la loi de finances 2026 ont notamment montré à quel point les professionnels français restent exposés aux changements de réglementation. La filière avait été menacée par l'introduction d'une nouvelle fiscalité et de restrictions commerciales majeures. Un épisode que nous avions détaillé dans notre article sur le secteur français du CBD qui a évité de justesse une taxation massive.
Ces trois exemples soulignent une réalité : il n'existe pas aujourd'hui de modèle européen unique pour encadrer le cannabis. Comme nous l'expliquions dans notre analyse sur la légalité et la réglementation du CBD en Europe, les différences entre législations nationales continuent de compliquer la distribution des produits et le développement des entreprises à l'international.
Pour les entreprises, cela complique la distribution transfrontalière, l'élaboration des gammes et les investissements à long terme.
Une marque présente dans plusieurs pays doit composer avec des règles qui peuvent varier selon la nature du produit, sa composition, son usage revendiqué et son mode de commercialisation.
Cannafest se déroule précisément au croisement de ces approches. Et c'est peut-être là que réside son principal intérêt pour les professionnels français.
Cannabis médical : une place croissante dans les discussions
Le cannabis médical occupe une part significative du programme de cette 16e édition.
Plusieurs intervenants aborderont la recherche clinique, les conditions d'accès des patients ou encore les exigences de production pharmaceutique.
La présence de chercheurs et de représentants d'organisations internationales illustre le rapprochement progressif entre l'industrie du cannabis et certains domaines de la recherche médicale.
Mais cette évolution impose une distinction fondamentale entre les produits CBD commercialisés auprès du grand public et les médicaments à base de cannabinoïdes, soumis à des procédures d'évaluation, d'autorisation et de prescription spécifiques.
Une recherche encourageante sur une molécule ne suffit pas à démontrer qu'un produit vendu en boutique possède les mêmes propriétés thérapeutiques.
Pour les distributeurs français, cette séparation est particulièrement importante. Elle conditionne les allégations autorisées, la communication commerciale et les informations pouvant être fournies aux consommateurs.
Le programme scientifique de Prague devrait ainsi intéresser les professionnels qui souhaitent comprendre les avancées de la recherche, sans les confondre avec des arguments marketing.
Pourquoi les boutiques et grossistes CBD français ont intérêt à regarder Prague
Un salon de cette dimension représente un investissement : transport, hébergement, temps de présence et éventuels rendez-vous commerciaux.
La question n'est donc pas uniquement de savoir si Cannafest mérite le déplacement, mais ce qu'une entreprise française peut concrètement en retirer.
Premier intérêt : identifier de nouveaux fournisseurs. La présence internationale permet de comparer des fabricants, des conditions d'approvisionnement et différentes solutions de distribution.
Deuxième intérêt : observer les tendances du marché. Entre cannabinoïdes, vaporisation, produits transformés et innovations horticoles, les choix des exposants donnent des indications sur les segments dans lesquels les entreprises investissent.
Troisième intérêt : comprendre les contraintes réglementaires des marchés voisins. Les discussions avec des professionnels étrangers peuvent apporter des informations utiles, à condition de les confronter ensuite aux textes applicables.
Pour les petites boutiques indépendantes, ces rencontres constituent également un moyen de mieux appréhender la concurrence européenne.
Le marché ne se limite plus à comparer des prix au gramme. La traçabilité, les analyses de laboratoire, la régularité des approvisionnements et la capacité à documenter la conformité deviennent des critères de différenciation.
Prague offre une occasion d'évaluer ces éléments directement auprès des entreprises.
Ce que la réforme tchèque ne permet toujours pas
La nouvelle législation pourrait entretenir certaines confusions chez les visiteurs étrangers.
Depuis janvier 2026, la possession personnelle de cannabis est autorisée dans certaines limites pour les personnes de plus de 21 ans. Cela ne signifie pas que Prague dispose d'un réseau légal de boutiques commercialisant librement du cannabis récréatif.
La vente et la fourniture à des tiers restent soumises à des interdictions et sanctions.
Autre point essentiel : les règles nationales relatives à la possession ne s'appliquent pas automatiquement au franchissement des frontières.
Un produit légalement détenu dans un pays ne peut pas nécessairement être transporté vers un autre État membre.
Pour les visiteurs français de Cannafest, la prudence s'impose donc concernant les achats et leur éventuel transport vers la France.
Cette différence entre droits nationaux constitue d'ailleurs l'un des principaux obstacles à l'émergence d'un marché européen harmonisé.
Tarifs et horaires : ce qu'il faut savoir avant de réserver
Cannafest 2026 se déroule au PVA Expo Praha Letňany, situé Beranových 667, dans le nord de Prague.
Le salon ouvre vendredi 6 et samedi 7 novembre de 11h à 20h, puis dimanche 8 novembre de 11h à 18h.
Jusqu'au 5 novembre, le billet journalier est proposé à 250 couronnes tchèques et le pass trois jours à 400 couronnes. Sur place, les tarifs passent respectivement à 300 et 450 couronnes.
Une offre de prévente permet également d'obtenir quatre billets pour le prix de trois, sous conditions.
Les étudiants munis d'une carte ISIC peuvent bénéficier d'une réduction de 50 % sur place. Des gratuités sont prévues pour les personnes de 65 ans et plus et les personnes en situation de handicap, selon les justificatifs demandés.
Le site est accessible par les transports en commun, notamment via la station de métro Letňany sur la ligne C.
Pour un visiteur professionnel, le pass trois jours présente un intérêt particulier : il permet de consacrer une journée aux exposants, une autre aux conférences et la dernière aux rendez-vous commerciaux.
Ce qu'il faut aller chercher à Cannafest, concrètement
Pour une marque ou une boutique française, trois priorités peuvent justifier le déplacement.
Comparer les fournisseurs. Profiter de la concentration d'entreprises internationales pour confronter les offres, demander les documents de conformité et discuter des conditions commerciales.
Suivre la réglementation. Écouter les intervenants européens et tchèques pour comprendre les différentes approches de réforme, sans confondre leurs annonces avec des changements de loi déjà adoptés.
Observer les prochaines orientations du marché. Identifier les innovations réellement exploitables en France, plutôt que de suivre systématiquement les nouveaux produits présentés à l'étranger.
Un conseil pratique : préparez les rencontres avant le salon. La liste officielle des exposants et le programme des conférences permettent de cibler les entreprises et les interventions les plus pertinentes.
Prague 2026 : un salon, mais surtout un révélateur du marché européen
Cette 16e édition de Cannafest intervient à un moment où plusieurs pays européens expérimentent des approches différentes du cannabis, tandis que les professionnels réclament davantage de stabilité et de lisibilité réglementaire.
La réforme tchèque de janvier 2026 offre un exemple supplémentaire de cette évolution, sans résoudre la question d'un marché commercial européen harmonisé.
Pour les entreprises françaises du CBD, l'intérêt du salon ne réside donc pas uniquement dans les nouveautés exposées. Il tient aussi à la possibilité de comparer les modèles économiques, de rencontrer des acteurs internationaux et de comprendre les transformations en cours.
Rendez-vous du vendredi 6 au dimanche 8 novembre 2026 au PVA Expo Praha Letňany, à Prague.
Les informations pratiques, les tarifs et le programme sont susceptibles d'évoluer. Dernières mises à jour sur cannafest.com.

















